28 avril 2010

Ne fais pas le serpent, guépard, je t'ai entendu

Un loup, qui n'a plusoeilloup qu'un seul œil valide, va et vient dans la cage du zoo où il est enfermé depuis des années. Il n'a que faire des hommes, "l'Homme" comme disait sa mère. Les enfants surexcités, les parents qui crient, les soignants, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre... Jusqu'au jour où arrive ce drôle de petit garçon qui le fixe sans rien dire des heures durant, tous les jours, même quand le zoo est fermé... D'abord agacé, le loup va finalement baisser sa garde lorsque le petit garçon va fermer un œil. Là, en se regardant l'œil dans l'œil, ils vont se raconter leur histoire respective. Le loup traqué par les chasseurs, capturé et séparé de sa famille. L'enfant et sa traversée de l'Afrique, sa terre d'origine, et sa lutte pour survivre...
Une histoire toute simple mais tellement forte ! On s'attache vite aux deux protagonistes, ce loup qui s'est sacrifié pour sauver sa petite sœur, ce petit garçon qui sait raconter des histoires comme personne. On voyage avec eux à travers leur passé. On ressent ce qu'ils ont ressenti, et par la force des descriptions, on voit ce qu'ils ont vu. C'est vraiment prenant et émouvant, la fin a même un petit côté onirique. A lire !

L'œil du loup / Daniel Pennac

(Illustrations de Jacques Ferrandez)

Nathan, collection Pleine Lune, 1994

 

Un petit extrait ?

Un œil jaune, tout rond, avec, bien au centre, une pupille noire. Un œil qui ne cligne jamais. C'est tout à fait comme si le garçon regardait une bougie allumée dans la nuit; il ne voit plus que cet œil: les arbres, le zoo, l'enclos, tout a disparu. Il ne reste qu'une seule chose: l'œil du loup. Et l'œil devient de plus en plus rond, comme une lune rousse dans un ciel vide, avec, en son milieu, une pupille de plus en plus noire, et des petites taches de couleurs différentes qui apparaissent dans le jaune brun de l'iris, ici une tache bleue (bleue comme l'eau gelée sous le ciel), là un éclair d'or, brillant comme une paillette.

Mais le plus important, c'est la pupille. la pupille noire !

"Tu as voulu me regarder, eh bien, regarde-moi !""

Voilà ce que semble dire la pupille. Elle brille d'un éclat terrible. On dirait une flamme. "C'est ça, pense le garçon, une flamme noire !"

Et le voilà qui répond:

"D'accord Flamme Noire, je te regarde, je n'ai pas peur."

La pupille a beau grossir, envahir l'œil tout entier, brûler comme un véritable incendie, le garçon ne détourne pas son regard. Et c'est quand tout est devenu noir, absolument noir, qu'il découvre ce que personne n'a jamais vu avant lui dans l'œil du loup: la pupille est vivante.

Posté par Lene78 à 19:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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