* Cute Little Snail in an Evil World *

23 mai 2010

New Yooork, New Yooooork !

nyilyVous vous rappelez Paris, je t'aime, il y a quelques années ? Ces quelques court-métrages de différents réalisateurs, qui rendaient hommage à notre belle capitale... C'est cette fois la Big Apple qui s'est prêtée au jeu des court-métrages pour New York, I love you, devant les caméras de 11 réalisateurs incluant Yvan Attal, Fathi Akin, Allen Hughes, Mira Nair, et même Nathalie Portman.
Forcément, on s'en doute, un tel exercice donne un résultat assez... inégal. On frôle le ridicule avec le court de Mira Nair (interprété par Natalie Portman et Irrfan Khan), dont l'intérêt est limité, et on atteint presque la perfection avec celui sur Soho, réalisé par Yvan Attal et interprété entre autre par l'excellent Ethan Hawke, et Robin Wright Penn. Pas une once de chauvinisme dans mes propos, je vous assure: cette partie du film est celle qui semble capter le mieux ce que la ville a à offrir: New-York la nuit, une rencontre impromptue, des dialogues qui vont droit au but, une ambiance particulière.... Les courts sur Chinatown et Central Park, réalisés respectivement par Fathi Akin et Natalie Portman sont très touchants, et j'aurais aimé que celui avec Orlando Bloom et Christina Ricci dure plus longtemps...

Le thème commun à tous ces court-métrages est l'amour, sous toutes ses formes. Recherché, trouvé, ou perdu. Si cela donne lieu à de jolies scènes, avec des transitions plutôt bien amenées, j'ai cependant regretté que New-York passe souvent au second plan et ne soit pas mieux exploitée. J'aurais aimé en découvrir plus sur cette ville dans laquelle je rêverais de mettre les pieds un jour !

Ceci dit, le film m'a au final laissé un bon goût... Peut-être parce qu'il donne le sentiment qu'à l'instar des différents héros du film, on n'est pas à l'abri d'une jolie rencontre impromptue...

New York, I love you

Réalisé par Mira Nair, Fathi Akin, Natalie Portman, Allen Hughes, Yvan Attal, Shekhar Kapur, etc.

Avec: Orlando Bloom, Christina Ricci, Hayden Christensen, Natalie Portman, Maggie Q, Ethan Hawke, Shia Labeouf, Andy Garcia, Rachel Bilson, Blake Lively, Bradley Cooper, Robin Wright Penn, Shu Qi, etc.

Sorti le 14 avril 2010

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02 mai 2010

Cette maison n'est pas verte. Qui habite donc ici ?

oursrougevertOurs vert a une maison verte, il ne mange et ne boit que des choses vertes. Bref, il voit la vie en vert. Tout le contraire de sa nouvelle voisine, ourse rouge, qui bien sûr n'aime que le rouge. Il va falloir l'arrivée de l'hiver et de la neige qui recouvre le paysage d'un manteau blanc pour que les deux ours timides finissent par faire fi de leur différence, se parlent et s'apprivoisent. C'est le début d'une belle histoire, qui verra la construction d'une maison commune multicolore et l'arrivée d'un petit ourson blanc !
Une histoire toute mignonne, une illustration très douce, très tendre. Le rouge et le vert, couleurs complémentaires, dominent, bientôt rejointes par les couleurs qui composent les différentes saisons, montrant l'évolution de la relation entre les deux ours au fur et à mesure du temps qui s'écoule... Un très joli album sur la différence, pour les touts petits.

Ourse rouge et ours vert / Satoshi Iriyama
Tourbillon, 2010

      

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28 avril 2010

Ne fais pas le serpent, guépard, je t'ai entendu

Un loup, qui n'a plusoeilloup qu'un seul œil valide, va et vient dans la cage du zoo où il est enfermé depuis des années. Il n'a que faire des hommes, "l'Homme" comme disait sa mère. Les enfants surexcités, les parents qui crient, les soignants, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre... Jusqu'au jour où arrive ce drôle de petit garçon qui le fixe sans rien dire des heures durant, tous les jours, même quand le zoo est fermé... D'abord agacé, le loup va finalement baisser sa garde lorsque le petit garçon va fermer un œil. Là, en se regardant l'œil dans l'œil, ils vont se raconter leur histoire respective. Le loup traqué par les chasseurs, capturé et séparé de sa famille. L'enfant et sa traversée de l'Afrique, sa terre d'origine, et sa lutte pour survivre...
Une histoire toute simple mais tellement forte ! On s'attache vite aux deux protagonistes, ce loup qui s'est sacrifié pour sauver sa petite sœur, ce petit garçon qui sait raconter des histoires comme personne. On voyage avec eux à travers leur passé. On ressent ce qu'ils ont ressenti, et par la force des descriptions, on voit ce qu'ils ont vu. C'est vraiment prenant et émouvant, la fin a même un petit côté onirique. A lire !

L'œil du loup / Daniel Pennac

(Illustrations de Jacques Ferrandez)

Nathan, collection Pleine Lune, 1994

 

Un petit extrait ?

Un œil jaune, tout rond, avec, bien au centre, une pupille noire. Un œil qui ne cligne jamais. C'est tout à fait comme si le garçon regardait une bougie allumée dans la nuit; il ne voit plus que cet œil: les arbres, le zoo, l'enclos, tout a disparu. Il ne reste qu'une seule chose: l'œil du loup. Et l'œil devient de plus en plus rond, comme une lune rousse dans un ciel vide, avec, en son milieu, une pupille de plus en plus noire, et des petites taches de couleurs différentes qui apparaissent dans le jaune brun de l'iris, ici une tache bleue (bleue comme l'eau gelée sous le ciel), là un éclair d'or, brillant comme une paillette.

Mais le plus important, c'est la pupille. la pupille noire !

"Tu as voulu me regarder, eh bien, regarde-moi !""

Voilà ce que semble dire la pupille. Elle brille d'un éclat terrible. On dirait une flamme. "C'est ça, pense le garçon, une flamme noire !"

Et le voilà qui répond:

"D'accord Flamme Noire, je te regarde, je n'ai pas peur."

La pupille a beau grossir, envahir l'œil tout entier, brûler comme un véritable incendie, le garçon ne détourne pas son regard. Et c'est quand tout est devenu noir, absolument noir, qu'il découvre ce que personne n'a jamais vu avant lui dans l'œil du loup: la pupille est vivante.

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27 avril 2010

Shar nokhoïn tam

Nansa, une petchienjaunemongolieite fille de 6 ans, est l'aînée d'une famille de nomades du nord de la Mongolie. Un jour, elle trouve un petit chien abandonné et décide de le garder, contre la volonté de son père qui est persuadé que ce chiot va leur porter malheur... Mais le jour où la famille "déménage", la petite est contrainte d'abandonner l'animal...
La réalisatrice s'est inspirée d'un contre traditionnel mongol, La cave du chien jaune, pour nous livrer une histoire touchante, une histoire de famille, une histoire d'amitié entre un enfant et un chiot... Mais le film, à mi-chemin entre fiction et documentaire (la famille filmée est une vraie famille) nous montre surtout la beauté d'un pays méconnu (les paysages sont magnifiques !) et le quotidien d'une famille de nomades, entre bonheur et difficulté de vivre en communion avec la nature, sa beauté et ses caprices...
Un très joli film, peu bavard, simple et touchant, qui se contemple et se savoure... La petite héroïne est à croquer !

Le chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa
Sorti en 2006.

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"La force sans l'intelligence s'effondre sous sa propre masse." - Horace

tigrechatL'histoire se passe il y a bien longtemps... Un tigre et un chat vivent dans la montagne. Le tigre ne sait pas chasser. Pas faire grand chose d'ailleurs, au point d'être la risée des autres animaux. Le chat, agile et rapide, est quant à lui le roi de la chasse. Le tigre lui demande alors de lui apprendre ses secrets: en bon élève, il apprend vite à chasser, sauter, courir vite, etc. Quand il pense en connaître suffisamment, il se dit qu'il aimerait bien savoir "quel goût ça a le chat" ! Mais le chat a plus d'un tour dans son sac... et le tigre va se retrouver bien bête !

L'histoire, inspirée d'un conte traditionnel chinois, est bien écrite, sympathique et intelligente. Elle vous apprendra entre autres ce qui distingue les tigres des autres félidés ! Les illustrations sont quant à elles magnifiques et rendent bien les expressions des deux animaux: la fierté du chat et l'air ahuri du tigre, qui se change en une expression prétentieuse et moqueuse lorsqu'il croit pouvoir faire du chat son déjeuner !
Un joli coup de cœur que cet album japonais, qui fera le bonheur des petits (à partir de 5 ans) et des grands !

Le tigre et le chat / Eitaro Oshima
École des Loisirs, 2010

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01 avril 2010

La voix rieuse de cette enfant s'entend comme une clochette

kimikoLe jardin des plantes, cet endroit hors du temps. Sa beauté, son atmosphère différente. Kimiko, petite fille japonaise timide aime y passer du temps et dessiner les plantes. Le botaniste qui travaille dans ce jardin parvient à apprivoiser la petite fille et à se lier d'amitié avec elle. Il lui offre des graines de tournesol, qu'elle s'empresse de planter, et lui montre toutes les beautés dont recèle le jardin. Kimiko y vient tous les jours et se lie d'amitié avec les jardiniers. Mais la fin de l'été est là, et Kimiko doit retourner au Japon. Sa tristesse est infinie mais le botaniste sait trouver les mots pour la consoler. Au pied d'un arbre, la petite fille lui laisse ses dessins, avec un petit mot: "Merci". L'automne est là, puis l'hiver. Kimiko est partie depuis plusieurs mois. Le jardin est triste en cette saison. Alors, pour lui redonner vie, le botaniste y accroche les dessins de la petite... "Dans la monotonie de l'hiver, tes fleurs d'été et de printemps rayonnaient. L'année prochaine, je donnerai des graines de tournesol aux enfants. Ainsi, en été, ton sourire s'épanouira un peu partout."
Une histoire pleine d'émotion et de sensibilité. Des aquarelles magnifiques et aussi douces que l'histoire: douceur dans les couleurs et dans les traits, avec ce style à la fois précis et épuré. Cet album japonais est un bijou de tendresse et de poésie qui appelle à la contemplation... A mettre entre toutes les mains !

Kimiko et le botaniste / Hideko Ise
Seuil Jeunesse, 2005

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Qui es-tu ? Un chapeau ? Dépêche toi de rentrer chez toi.

jesuischapeauL'histoire se passe au Groenland dans les années 1920. Wanda et Oukiok se retrouvent orphelins après que leur père ait été tué par un ours... qui portait un chapeau ! D'après les initiales cousues à l'intérieur, ce chapeau appartiendrait à un certain Knud Rasmussen. Plus rien ne les retenant chez eux, Wanda et Oukiok vont parcourir le pays à la recherche de cet homme mystérieux... C'est une histoire de voyage, qui se situe entre rêve et réalité. Wanda, pourtant muette, dit beaucoup de choses dans son sommeil, et son frère prend soin de noter dans un cahier ces paroles décousues, ces rêves qui ressemblent à des prophéties...
Du Groenland à l'Écosse, en passant par le Canada, on suit l'extraordinaire épopée de ces deux jeunes Inuits, à pieds, à traîneau ou en hydravion, qui va les mener à des rencontres surprenantes... Le roman nous plonge en même temps dans le contexte historique de l'époque: l'"homme blanc" qui investit peu à peu le pays, la création des comptoirs Danois, les conditions de vie des Inuits, et la réalisation du premier documentaire muet, Nanook of the north. On y croise même Winston Churchill !
L'écriture est limpide, l'histoire et surprenante et fascinante (et difficile à résumer !), les personnages sont attachants. Un grand roman d'aventures et de rêves, un vrai plaisir de lecture ! A conseiller dès l'âge de 13 ans.

Je suis le chapeau / Alex Cousseau
Le Rouergue, 2009

Un petit extrait ?

"Le fouet claque. les chiens démarrent. En cet instant, personne excepté Wanda ne sait où ils vont. Le départ a lieu le matin où le vent s'est tu. La toundra est encore recouverte de plaques de neige et de glace, mais il faut continuellement éviter les rochers qui émergent, pour ne pas endommager les patins du traîneau.
- On va où ? demande enfin Oukiok.
Sans ralentir, Wanda attrape le cahier de son frère et, de son écriture que les soubresauts du traîneau rendent tremblante, elle note cette unique phrase en majuscule sur la couverture: ON VA RENDRE LE CHAPEAU A SON PROPRIÉTAIRE."

 

Lire aussi la critique de TELERAMA.

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(Not) Precious

preciousLe moins que l'on puisse dire, c'est que la jeune Precious n'a pas été gâtée par la vie: elle souffre d'obésité, est pratiquement analphabète, est battue par sa mère et violée par son père de qui elle a eu deux enfants, dont l'aînée est trisomique. Personne ne semble l'aimer ou la comprendre jusqu'au jour où elle s'inscrit dans une école alternative. Là, sa prof d'"alphabétisation" et ses camarades de classe vont rendre sa vie un peu moins terrible.
Dans ce film, adapté du roman Push de Sapphire, l'ambiance est vraiment glauque, poisseuse, à l'image de l'appartement dans lequel Precious est obligée de vivre quasi recluse, volets fermés, avec sa mère qui ne fait rien d'autre que manger, dormir, et tabasser sa fille. Le film manque malheureusement de pudeur et de sobriété. Il ne dégage (presque) rien de positif. L'héroine n'est pas vraiment attachante et les autres personnages sont trop manichéens (les parents très très méchants, la prof qui prend Precious sous son aile très très gentille). Seuls les camarades de classe de Precious et l'infirmier (joué par Lenny Kravitz !) apportent un brin d'humour qui permet de souffler dans cette ambiance oppressante. Pour rester dans le positif, les actrices Gabourey Sidibe (Precious) et Mo'Nique (la mère) livrent de très bonnes interprétations. Mais à part ça, pas grand chose à garder dans ce film décevant. Je ne dirais pas qu'il est "à éviter", car le sujet est intéressant, mais on peut facilement et sans complexe s'en dispenser.

Precious de Lee Daniels
Avec: Gabourey Sidibe, Mo'Nique, Paula Patton, Mariah Carey, ...
Sortie: 3 mars 2010

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Nul besoin de parler pour s'apprivoiser

lounaMichka et Louna ont toutes deux 11 ans. Elles sont cousines mais ne se sont jamais rencontrées: Louna est autiste, ce qui peut être la raison de l'éloignement des membres de cette famille. Mais Michka a très envie de rencontrer sa cousine, persuadée de pouvoir tisser des liens avec elle. Finalement, la famille au complet est réunie à l'occasion d'un anniversaire chez Lalie, la grand-mère. Michka est impatiente, mais ses espoirs vont vite voler en éclat: Louna est imprévisible, il est difficile de communiquer avec elle (elle ne parle pas) et elle a des réactions violentes. Un vrai ouragan. Rencontre ratée. La suite du roman se déroule deux ans plus tard, lorsque Michka est contrainte de passer quelques jours de vacances chez sa grand-mère Lalie, en compagnie de... Louna, qu'elle n'a pas revue depuis l'anniversaire. D'abord réticente, Michka va être séduite par cette idée, grâce à Lalie qui a su trouver les mots. Petit à petit, les deux jeunes filles vont apprendre à s'apprivoiser. En découvrant l'amitié qui lie Louna à à Alicia, une jeune fille trisomique, Michka va comprendre qu'il existe différents moyens de communiquer. Et si la clé, c'était la compréhension de l'autre ?
Un très beau roman, plein de pudeur et de poésie, fait de petits moments d'émotion. Écrit du point de vue de Michka, il va droit au but et décrit avec justesse les sentiments contradictoires de la jeune fille, entre impatience et peur, entre rejet et amour. L'auteure, qui semble très bien connaître l'autisme porte un regard très doux sur le sujet, et nous livre un roman plein de sensibilité. A lire dès 11-12 ans.

Au clair de la Louna / Kochka
Ed. Thierry Magnier, 2002.

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